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Le diadème des offrandes - Béatrice Lukomski-Joly - Littérature poésie "Poésie d'un temps qui n'existe plus, existera demain, meurt et renait."

La joie des vignes

Béatrice Lukomski-Joly

Je suis allée par la campagne cueillir la joie des vignes,

Qu'accompagne la Champagne aux matins des signes,

Et dans le doux rayonnement des aubes câlines,

J'ai embrassé l'épi de blé en capeline d'or, loin du spleen.

 

Pendant que le soleil dessinait, sur ses coteaux,

Le doux éclat fleuri des rouges coquelicots,

Les champs ont discouru, avec les oiseaux bleus,

Du temps des promenades suspendues à mes yeux.

 

Et j'ai vu briller dans le regard des lucioles, la nuit,

La gaieté des étoiles or, l'allégresse des prairies,

Et encore la gaieté des papillons mariés aux libellules.

J'ai dit : je t'aime et la terre a chanté au crépuscule.

 

Je me suis assise sur une pierre vieille d'âges,

Haut sur une colline resplendissante de feuillages,

Que verdure envie au chant des grillons, l'été,

Quand le soir épouse le couchant sur le groseillier.

 

J'ai chanté la louange des arbrisseaux sur le ruisseau,

Et jaspe à mon poignet réchauffa le sang du vermisseau,

Qui languissait de ma terre éclairée par les flambeaux,

Sous le boisseau des forges allumées pour l'escargot.

 

J'ai couru sans périr jusqu'à la porte des cathédrales

Que dessinent les fleurs sous le soleil magistral

Et là, couchée sur le ventre des arbres, j'ai entendu,

Entendu le murmure des joies chaque fois que je la salue.

 

Un brin d'herbe chantait l'éclat des vitraux que je crée,

Jours et matins, depuis que le ruisseau coule à mes pieds,

Et a dit la joie au cœur des hommes qui point n'ont peur,

Chaque fois qu'or d'aimer ruisselle sur nos visages rieurs.

 

Pourquoi souris-tu à cette heure dit le chardon vermeil,

Que Lorraine embrasse de virginité à ses joies vieilles ?

C'est que sans joie au cœur des hommes advient la discorde,

Et que discorde enfante la solitude des abeilles de concorde.

 

Vois le matin s'enflammer sur la grande toile des astres,

Loue les délices des roses au printemps de Zoroastre,

Et parfume mon corps d'un trait de violette vêtue,

Pour qu'enfants créent le jardin des amours bienvenus.

 

Je suis allée sous l'arbre qu'on appelle le chêne,

Celui qui tant chérit la vérité et la sagesse, sans haine,

Et j'ai entendu la terre me témoigner son allégeance,

Aux cœurs riants malgré l'épouvantail des inconsciences.

 

Là, au milieu des bois verts et des vallons verdoyants,

Une petite larme à couler de joie et d'enchantement,

Pour abreuver la source qui fait du fleuve aux océans,

Le messager des ardeurs que cœur témoigne du vent.

 

Poème paru dans un de mes livres publiés.

Poème écrit pour ma mère.

Photo personnelle, non libre de droits.

Hortensia de mon jardin

 

 

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