Revoilà le soir ; revoici le crépuscule ; J'entends leur flûte jouer le pli de leur drap Couvrant l'univers et son sommeil d'opéra ; Et ma terre dépose à la nuit sa virgule. C'est le lever des espoirs, vifs et endormis, Que la nuit accueille, qu'étoiles embellissent, Au cœur de minuit, quand Père dit l'édifice, Et que retentissent les hymnes à la nuit. Revoilà l'obscurité répandant ses cendres, Pour que le jour enfin s'éclair', pour que tu vois, Réanimée dans les yeux azur de Sa voix ; Et mon tombeau lève la lettre de mon tendre. Revoilà le jour, le dôme de la rosée, Qu'en mon berceau, je torsade...
Extrait : "Entendez ! " Paroles entre l'Ange et le Génie lors de l'hiver 1984
Tableau à l'huile me représentant en 1984 en train de lire au bord de l'étang des Lésines à Hauteville-Lompnes au moment où l'idée d'écrire "Le Génie" germa en moi. Je n'ai pas réussi à faire une photo moins floue de ce tableau, car l'environnement se reflétait dans le verre de l'encadrement. Tableau appartenant à ma fille Julie Koutzine-Joly née en 1984 avec laquelle j'ai écrit cette pièce, je veux dire en sa présence quotidienne en mon bureau." « Écoute bruire le souffle de mes vents ! Au gré de tes pas, raconte le temps Qu'il a fallu au temps pour s'apprivoiser en homme. Raconte le temps qu'il...
"Buisson de roses" de Monet Mon âme s'est enveloppée d'un ciel de joie Quand une nuit, soudainement habillée d'ailes, Je volais dans mon sommeil, parée de voyelles Dans mon repos que le calme entend sur sa voie. Ce n'était pas la première fois, aussi tendre Que ma souvenance pense sa vie, j'affirme ! Voler comme un oiseau, comme un ange, j'affirme ! Heureuse de cette grâce qu'ailes engendrent. La conscience au clair de la nuit étoilée S'éveilla d'un seuil offert pour que je vois. Que vis-je du seul jour se levant à ma voix Quand archétypes d'esprits vinrent dévoilés ? Sortant de ma nuit, le cœur...
Pour écrire un poème - à la manière de Jacques Prévert -
Pour écrire un poème, Prenez d’abord une feuille de papier, Qu’il soit parchemin ou papier du pauvre ; Puis prenez une plume de cygne blanc Que vous aurez taillée, aiguisée, effilée. Trempez celle-ci dans l’encre violette Ou noire ou bleue, comme il vous conviendra. Tracez des lignes et des volutes sur le papier Pour vous familiariser avec l’outil pointu, Aussi avec l’intimité de son être élémentaire. Parlez à la plume, à l’encre et au papier De vos intentions. Elles doivent leur plaire. Sans leur accord, vous ne ferez rien de bon. Ils mettront de la discorde entre les mots, Se feront valoir de...
Je suis une plume virevoltant dans l'air, Un arc-en-ciel coiffant la vallée de lumières, Une pensée allant vêtue de mots sanctuaires, Pour voir l'éclat de la poésie de mes pairs. Si je vais, sacrée, en l'honneur versifié, Dans la grâce et la majesté de poésie, Elle, m'aimant d'obligeance et de courtoisie, C'est de prophétie vraie qu'elle dit mon foyer. Lorsque descendant de son azur éloquent, Animée de joie pour ma seule béatitude, Je prends la plume que mon Cygne de solitude Confie à la rime pour l'ardeur de mon volcan. Poète, toujours, providence sûre, je vais, Les poèmes levés, l'humanité propice...
Tout bruit, tout brille, tout murmure dans la nuit Quand une luciole vole, que lampe luit ; Dans la nuit, la lune blonde s'épanouit, Et luciole aime la clarté de ma nuit. Le jour a éteint ses flambeaux pour, à la nuit, Les voir scintiller de couleurs roses à minuit, Et l'alizé souffle sur l'ardeur endolorie Quand petite luciole s'endort, ma Mie. Tout s'éveille à la nuit, tout frémit sous la pluie, Quand de quelques gouttes d'eau jaillit, éblouie, La perle nacrée, pour orner le rire de Julie. C'est Luciole l'annonçant à la nuit cueillie. Il y avait dans la nuit une éphémère, Brillant d'un pur éclat...
Nature du Matin lorsque tout s’éveille, aube après la nuit, tu m’émerveilles, enchantant la vie quand ton soleil se lève nous embrassant de ses lèvres. Lorsque la rosée baigne nos pieds meurtris, ta beauté de lumière nous éblouit et tu lèves l’arc-en-ciel afin d’éclairer nos pauvres egos manquant de clarté. Chaque éveil ayant en soi pris la nuit raconte les temps anciens évanouis qu’à nos entendements sans conscience, nous oublions, pourtant de confiance. Et, voir tant d’âmes endormies le jour relève de la blessure qui me laboure. À la joie d’être en toi, élevée me bercent la vie, le chant et l’harmonie,...
"Ô, mon ami, aux cheveux de lumière ! C'est ton laurier en germination croissante que je vois d'un vif éclat orner ma chevelure. Tout est si sombre dans ces nuits gelées qu'il faut bien que les colonnes éclairent les ténèbres pour que scintille ma robe en plein minuit du midi au firmament ! Combien d'esprits étincelants vêtent ces nuits sombres pour que je sois saisi par la gelure de décembre afin de mieux marcher en mon cœur réchauffé ! C'est mon aurore, en ces nuits, enfantée par douze êtres majestueux dont je devine les mille yeux forgés d'éclairs dans leurs ailes étendues. C'est cela l'hiver,...
Où allez-vous chargés comme des ânes portants des seaux de lie pour des sots sans âme quand les pauvres, dont je suis le verbe et le lys, portent avec eux l’insolence des riches ? Que portez-vous comme ignominies lorsque vous saignez des enfants l’harmonie, et que je suis pour ces innocents les joyaux de la brebis habitant le cœur de l’Agneau ? Qui achetez-vous, les poches pleines, quand le purgatoire jamais ne vous enseigne, ne vous châtiant pas assez fort de verges obstinées, que de vies en vies, corrompus, vous récidiviez ? Faut-il que Mammon vous soit aguichant, vous, méjugeant l’idéal-prévu*...
Si chacun, sans en omettre un seul, vraiment chacun de nous, tous les jours, se voyait mortel, vivant le jour comme s'il était le dernier, vraiment le dernier, conscient de sa toute dernière heure personnelle, sans aucune rémission pour une heure de vie de plus, réalisant la brièveté de la vie, car brève, elle est... Nous ne verrions plus un seul drame sur terre. Nous n'entendrions plus une seule parole mauvaise. Nous n'entendrions plus parler de guerre et ne verrions plus un seul enfant pleurer ni avoir faim. Nous ne serions plus capables de commettre un seul acte paralysant l'autre. Nous ne saurions...