1 / Du souci de comprendre le jour et la nuit et 2 / des traductions automatiques sur certains concepts
Pourquoi ai-je tant écrit à propos de la nuit et moins sur le jour ? Il suffit de lire le poète Novalis pour comprendre et pourtant, quelle est la réponse du pourquoi la nuit plutôt que le jour puisque Novalis, poète mystique autant que spirituel sans mysticisme, nous parle bien de l'allégorie de la nuit, et non du jour qui est l'éclatante lumière témoignant de ses écrits en Christ. L'énigme est à défricher et s'il y a énigme, c'est que la réponse est sous nos yeux, facile à comprendre, et en cela, mérite que l'on s'y arrête.
Poète, je me disais que le poète intérieur pouvait comprendre la pensée d'un autre poète, comprendre ce qui n'est pas dit, car c'est tellement évident que le dire serait reformuler une évidence. Il ne tait donc pas un fait et n'en fait guère davantage une énigme.
La nuit précède le jour : lumière, connaissance, amour, élévation, spiritualité haute et non le jour précède la nuit, nous ne pouvons alors qu'adorer la nuit et lui vouer un culte de reconnaissance pour son don en le jour et sa lumière.
C'est ce que j'écris dans mes poèmes lorsque je parle d'elle.
À noter qu'une connaissance s'est perdue ; c'est celle qu'aube et aurore sont deux temps différents, bien marqués, qui apportent le jour, partition en trois temps, témoin de la lumière qui se nomme, et non-jumelles. Le matin ne peut donc qu'être trinitaire en ses aube, aurore et jour. Si nous voulions marier l'aube et l'aurore, nous aurions à dire "crépuscule du matin" en opposition au "crépuscule du soir" lesquels termes sont davantage connus.
Le crépuscule du soir n'est que le rappel du crépuscule du matin avant la nuit ; ils ne sont donc pas opposés ni en opposition. Ils sont UN dans cet aspect trinitaire de la nuit et du jour. Si l'un est joie et l'autre semblerait être une angoisse, c'est en leur pouvoir de vérité qu'il faut s'atteler à déceler ce qu'ils nous disent intérieurement.
Pourquoi l'un serait la peur alors que l'autre serait un chant dans cette absence d'opposition ? Pouvons-nous penser que le chant devenu hymne ne s'adresse qu'au matin ? Non ! car le chant de la nuit n'est que la conscience de ce que la nuit apporte le jour dans le Soi-esprit. Ce n'est pas le jour qui offre la nuit, mais bien la nuit qui offre le jour. Le jour ne peut pas offrir la nuit, ce serait contraire à la volonté de la lumière que de nous porter si haut dans le chemin de connaissance ; l'inverse correspondrait à une chute tel un ange déchu. La nuit porte donc bien le disciple vers son jour. Image d'une connaissance, image d'une réalité, la nuit est bien ce silence dans un espace que nous croyons vide et que nous devons emplir de lumière.
Si nous considérons que la création a procédé de la nuit, de l'immobilité par un don pur d'amour pour offrir le jour, il va alors de soi que nous devons louer la nuit d'avoir créé le jour, car sans elle nous n'aimerions pas, nous n'irions pas vers le Soi-esprit, et c'est dans ce mariage aube/aurore que la nuit nous apporte chaque matin ce que la nuit est, en demeurant unique, pendant que jours se succèdent pour acquérir la lumière unique, UNE.
Explications pour les personnes de langue anglaise sur les mots "aube" et "aurore" lors de la traduction automatique.
Pour revenir sur l'explication donnée sur la différence entre l'aube et l'aurore qui sont deux moments distincts du lever du jour ; l'aube apparaît avant l'aurore pour donner le jour, l'aube est le POINT du jour et "l'aurore est la lueur qui suit l'aube précédant le lever du soleil" (définition du dictionnaire français). Je me suis questionnée pour savoir si cette différence dans ces deux états physiques existait en d'autres langues que le français.
Puisque mes poèmes, sur le blog, sont lus par beaucoup de pays dans différentes langues, j'ai voulu vérifier. Et je découvre qu'en langue anglaise "aube" et "aurore" ne sont qu'un seul mot "dawn", il n'y a pas de différence ! Dès lors, pour une personne de langue anglaise, mes écrits parlant de l'aube et de l'aurore, deviennent incompréhensibles, toutes subtilités étant absentes, inexistantes. En langue anglaise, le vide alors s'installe.
En allemand, la différence existe ; nous avons "Klinge" pour l'aube et "Morgendämmerung" pour l'aurore. Les textes sont alors traduisibles dans leur subtilité. Idem en espagnol et en italien et autres langues.
Il est intéressant de voir qu'en langue anglaise, les subtilités dans la réalité du monde disparaissent, n'existent pas. À ce que j'ai pu constater également dans les traductions, il n'y a jamais d'autres choix possibles dans la langue anglaise et que le sens des mots est souvent falsifié comme en français pour ce que j'en connais. J'explique :
L'inverse est en conséquence vrai aussi : là où relier en anglais se traduit par "to connect" et que connecter est "to log on", le français traduit toujours "to connect" par connecter "to log on" (!) alors qu'il serait juste de traduire par "relier" qui est le sens réel, juste. Pourquoi ? En langue anglaise "To log on" est un mot du domaine informatique et le verbe "to connect" est un mot humain dans le sens de relier les hommes entre eux. Il sont alors en opposition, contraire à l'humain. Il faut avoir conscience de cela dans le choix des mots lorsque nous traduisons de l'anglais en français et inversement.
Je pourrais ainsi donner d'autres mots qui, dans la traduction où leur prise de position contraire à l'humain, vivent dans nos expressions, comme le mot anti-Christ (qui est un nom attribué à un être) et qui est depuis des siècles en langue française traduit par ante-Christ. Mais "ante" signifie "avant" ; l'anti-Christ ne peut donc pas être avant puisque nous le savons être CONTRE le Christ, et là est le vrai sens : s'opposer, combattre, renier ! Imaginez ce que cela donne du sens de l'Humanité lorsqu'en langue française, nous écrivons et disons "ante" à la place" d' "anti" ! La signification n'est plus du tout la même et détruit jusqu'à l'essence même de la Vie ! Ensuite, nous nous étonnons du destin français et des pays de langues francophones ! Rien d'étonnant dans le maintien d'un mot faux.
Le mot est un être vivant qui doit élever et non le contraire. Je comprends alors ce qu'affirmait Rudolf Steiner lorsqu'il parlait du destin de la langue française. Cet "ante" au lieu d'"anti" est la clef de son affirmation bien qu'il n'ait jamais parlé de cet aspect "sens dans le mot français" puis de la langue anglaise appauvrie.
Cela relève bien sûr de ce que j'ai personnellement pensé en qualité de poète lorsque je médite R. Steiner à propos du sens de la langue, pouvant percevoir le mot vivant dans l'écrit et je reste étonnée que les germanophones n'aient jamais relevé cette erreur dramatique dans la traduction.
La langue française fait la même chose avec le mot "homme" que je suis obligée d'écrire avec un H majuscule si je veux faire la différence, ce que la langue allemande fait : "Mann" ou "Mensch". La subtilité en français n'existe pas.
À partir de ce constat, nous pouvons nous demander où nous conduisent les langues dans la volonté d'offrir une pensée juste, ce qui est un souci pour moi, car à l'heure de la parole instantanée avec la communication informatique et l'intelligence artificielle, je m'aperçois qu'un texte peut prendre une tout autre signification que celle écrite en ma langue maternelle.
Le mot est un être vivant, je veux dire par là un être vivant comme vous, comme moi, comme l'est un animal ou une plante, je le reformule, nous n'avons pas le droit de le tuer en le transformant à notre guise. Lui donner un sens contraire relève de la chute de l'être spirituel qui l'a mis au monde, car Rudolf Steiner nous dit bien qu'un mot à des ailes en tant qu'être vivant. Le savoir ne peut laisser un poète ou un philosophe dans l'inconscience de l'outil et l'offrir à son contraire. C'est en cela que R Steiner disait également que l'écrit était la proie de Méphistophélès-Ahriman, et que le roman, si nous n'y prenons garde, est un de ses moyens les plus adéquats.
Pour revenir aux mots "aube" et "aurore", il en est ainsi ; nous ne pouvons pas les confondre. L'aube précédant l'aurore est le premier moment de la création lors de la genèse. Il fallut une aube et il fallut une aurore qui la suivit pour créer le jour : forme visible de la Trinité : aube-aurore-jour.
Peut-être sera-ce le dernier état de Conscience après que l'homme ait pris conscience de la vie intime du règne animal par ses émotions vécues, et à ce moment de la vie, du végétal par ses sensations découvertes !
En qualité de poète, cela me tient à cœur, et depuis plusieurs mois, je m'entretiens avec vous du pouvoir du mot, car je me sens une responsabilité à son égard. Les mots ont une vie que la conscience humaine à cette heure ne perçoit pas.
Paru dans "Lumière et ténèbres"
Photos personnelles non libres de droits, arbres vus de ma fenêtre.
L'aube
Amitié
Béatrice
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