Revoilà la nuit
Revoilà le soir ; revoici le crépuscule ;
J'entends leur flûte jouer le pli de leur drap
Couvrant l'univers et son sommeil d'opéra ;
Et ma terre dépose à la nuit sa virgule.
C'est le lever des espoirs, vifs et endormis,
Que la nuit accueille, qu'étoiles embellissent,
Au cœur de minuit, quand Père dit l'édifice,
Et que retentissent les hymnes à la nuit.
Revoilà l'obscurité répandant ses cendres,
Pour que le jour enfin s'éclair', pour que tu vois,
Réanimée dans les yeux azur de Sa voix ;
Et mon tombeau lève la lettre de mon tendre.
Revoilà le jour, le dôme de la rosée,
Qu'en mon berceau, je torsade de chaume bel,
Pour être, pour aimer ma Mère en Michaël ;
Et vibrent les jours dans la nuit veillée de roses.
C'est l'hiver arguant sa lenteur pour sa mesure,
Pendant que le brouillard dépose son linceul.
Je suis la graine dans la nuit créant sa meul'
Qui, au champ, fait du fruit le foin de nos masures.
Prenant dans la main le vêtement de la brume,
Qui, sur ma lèvre est un baume prodigieux,
J'inscris la joie disant Son éclat mystérieux
Aux matins fatigués d'avoir manqué de lampe.
Revoici le froid, et en Son sein la lumière ;
Voilà les enfants entourés de gaieté,
Pour le Père, la Mère, aimant de pureté,
Le Roi et l'Adam, dans l'arche hospitalière.
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