Règne animal, végétal, minéral et règne humain Il n'y a que le règne animal quand l'un de ses membres attaque un autre de ses membres qui ne déclenche pas une guerre contre une autre race animale : un chat contre un chien, un tigre contre une antilope. Est-ce que de surcroît une âme animale, celle des oiseaux ou toutes autres par exemple, attaquent l'homme quand l'homme a tué un de ses membres ? Non. Nous pouvons aussi penser ce fait pour les autres règnes de la terre : végétal et minéral. Est-ce qu'une rose attaque une anémone voisine de ses racines parce qu'elle habite et peuple le même sol ?...
Michaël luttant contre le dragon - peinture Waldorf - Protégée d’une cuirasse bleue sollicitée, étincelante dans la lumière du jour, je vais l’âme confiante en l’âme du monde m’ayant montré son chemin en sa voie ardue. Le front coiffé d’un casque or supplié, moulé-au cœur ensoleillé de l’âme vive, je marche, décidée, dans la voix des Cieux que la Trinité en mon être montre de joie. Portant sur mon sein fleuri l’épée des Dieux ; forgée dans l’Être des cœur de l’Adam et d’Apollon, je vais d’un pas de Centaure sur quatre temps, insaisissable d’amour dans le trot de leurs noms. Tout ruisselle de feu...
À l'orée de la nuit quand se lève la lune, affranchissant nos âmes lourdes de noirceur, nous voyons deux êtres en soi, faits de laideur, lutter pour enfreindre la volonté divine. Alors que chacun, convaincu d’être loyal, vêtu de religion, sans prier chaque heure, nous voyons des âmes entravées de leurs leurres, côtoyant le glas qu'ils chatouillent en son mal. L’orgueil se vêt d’erreurs et de fétidité, arguant qu’il est fermeté, force et vérité, pointant les autres dans sa médiocrité, gonflant sa vilenie en sa témérité. Affirmant que l'autre est mauvais, triste despote, perdant sa voie, elle s'enfle...
Le secours prodigue Si je vous dis cela, croyez-moi, c’est que j’étais là, croyez-moi, aimant notre cèdre fortifié, de nuit, à l’aube du crucifié. Si je vous conte notre esprit guéri ce midi à ses pieds endoloris, heures riches de Son Nom, c’est pour sa coupe au pied du mont. Au pied des trois, je vis l’Homme, transi, tel nous le sommes les jours terribles d’éclipse, les nuits froides sans lune triste. Toutes les sphères chantaient, l’univers partout de joie dansait, les hommes pieux pleuraient, d’autres, impurs, pestaient. Si je vous dis cela, croyez-moi, c’est que j’étais là, croyez-moi, recevant...
Roses, bleues, grenats dorés, solaires, élues, tendres bourgeons infiniment lents et féconds, vont dans mon jardin, de ciel grisé, revêtues, nues dans leurs frêles tenues, depuis des éons. En avril, loge un rêve glorieux dehors, que notre espérance d’éclore ensoleillée, dévoile aux roses de jours, nos épines d’or, qu’ensemble, nous allons avec art vers l’été. Pourpres, orangées, ambrées, attendent les fleurs, espérant fleurir à foison sur les charmilles, ornant de leurs fines lianes, la douceur : murs et écrins, chaumières, nids et haies dociles. Giroflées, opales, rubis, bleu-saphirs-nuits, secrets...
Dans le jardin sont venus tournoyer mille follets, éblouissant leurs étoiles montantes, mes aïeules ; puis sont venues sur mille rayons, cent reines de lait nées de fleurs solaires assises dans l’air du miel. C’était beau, majestueux et solennel vignoble. Tant d’émerveillement olympien à mon regard vert, qu’éblouie d’Amour en leur sein noble, je me mis à valser avec les forces de Déméter. Légère, tel un papillon transfiguré en plein vol, je volais vers l’azur bleu que mes yeux voyaient rose, pourpre, mauve, garance et flammes vertes en obole. Tout vibrait en une vaste messe stellaire éclose. C’était...
L'humilité est une vaste mer cachée derrière d’insondables forêts, ensevelissant jusqu'au jour nouveau nos âmes encore corrompues. Lorsque nous percevons son horizon tel un océan étale achevant son trait, le lointain nous dessine et nous montre les turbulences des eaux qui ne sont plus. Les humeurs achevées, la mort disparue, elle nous montre qu'elle est soleil, rayonnement de l'éther à la vie de l'Esprit après avoir erré entre les dieux qu’elle a montrés. Elle est l'étendue laborieuse du chant que la vie ne sculpte plus, car achevée ; elle est cet accomplissement de l'âme ayant cessé de croire...
Solitude, douce amie, genèse d’étoiles et de destin,
Solitude, douce amie, genèse d’étoiles et de destin, toi, pléiade de mes lettres en mon être sans lésine, tu es l’arôme céleste du fruit des versets d’airain, à l’entour animés d’empyrée, et d’argile à mes épines. En toi, je me repose, arrosée de prose en la Gnose, tout à la fois, âgée, encouragée en ta demeure. Tu m’émerveilles, musicale comme la note de la rose, aimée de ton giron offrant tes lueurs à mes heures. Humble comme mésestimée, tu révèles l’animé, accueillant les blessures des forts tourments. Et, songeant voir le galbe, la coupe, des lourdes vanités tu nous plies face aux nuages pesants...