Un jour, un enfant
21
avr.
2026
Un jour, un enfant !
Un jour, un enfant blond !
Un jour, un enfant a grandi !
Un jour, devenu grand,
L'enfant a pleuré le temps,
Le temps, le vent et ses parents.
Un jour, l'enfant a eu froid,
Si froid, qu'il s'est brûlé d'amour,
D'amour, un matin d'hiver sans fin.
Il est parti sans rien,
Pas même l'amour dans les yeux,
Le regard désespéré d'être aveugle.
Il a vu l'hiver, et le vent
Qui tournoyait dans ses mains,
Essayant d'attraper un brin d'air.
Un jour, cet enfant blond
Devenu brun comme la terre
Vit de la boue tant il avait plu.
Il pâte-modela* un rêve
Qui avait la forme d'un soleil.
Et se brûla les doigts, après l'amour.
Avait-il un nom, l'enfant ?
La pâte à modeler fondit au soleil,
Car il n'avait pas de nom à lui donner.
Il pleura sur le chemin sans herbe,
Terrifié d'être abandonné dans la rue,
Le nez collé à la fenêtre sous la neige.
L'enfant grandit apeuré,
Terrifié par ses peurs géantes
Qui galopaient, méchantes, en son cœur.
Un éclat de verre dans la pupille,
Il ne vit rien du soleil brûlant,
Que l'éclat d'un rayon cache.
Quand l'enfant fut mort à son enfance,
Et que sa grandeur dépassa l'insolence,
Il entendit des voix ténébreuses.
Un jour, un adulte,
Un jour, un adulte brun,
Un jour, un adulte a perdu pied.
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