L'indigent
Quel est ce sourire qui s'estompe,
Et cette ombre ténébreuse qui va,
Ce fort coup de tonnerre qui frappe,
Et ce typhon qui ternit les gravas ?
La rue glane ses piétons frileux
Et le noir bitume crie sa colère ;
La saison met son foulard peureux,
Et tout va bruyant de fièvre.
Le sol est jonché de feuilles mortes,
Et encor' d'injures et de débris ;
Les blasphèmes ont fermé la porte ;
La rue a pris l'indigent sans abri.
La nature a pleuré ; lui aussi.
La bière a coulé ; les larmes aussi.
Et les murs fissurés ont blêmi.
Les arbres l'ont scruté ; la vie aussi.
Qui, de raison, regrets, d'insensé,
A vu l'orage dévaster ses champs
Qu'en automne naissant, offensé,
Les hurlements d'homme ont pris du néant ?
C'est l'ombre détachant sa lumière,
Ayant perdu son ardeur et sa nuit,
Qui n'a plus d'espoir aucun ; il erre,
Quand au chemin d'homme, il s'évanouit.
Photo personnelle de mon jardin d'une maison habitée.
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