C’était un dimanche, par une chaude journée de printemps, que nous pouvions voir se promener un homme, les mains croisées dans le dos. Il semblait attendre quelqu’un, sans attendre vraiment, car il regardait le cours de la rivière au niveau de l’écluse ouverte qui laisserait une péniche passer. Le ciel était haut tout en étant en lui, comme indivisible de sa clarté en son regard qui le reflétait aussi large que profond. Sous la lumière puissante de midi, il paraissait invisible par moment, comme disparaissant à cause de trop de clarté diffusée à cette heure. Parfois, on le voyait se retourner et...
Depuis que je vis, depuis que le soleil m'habite, Pris en moi tel un flambeau étincelant, Qu'ai-je à dire de l'astre, brillance satellite, De mon cœur vaste comme le Graal rayonnant ? S'il n'est le pain au champ, le vin d'ambre, Trouvant sa pierre de fondation en mon âme, Qu'aurais-je vécu si je tais décembre Comme fruit du printemps, tel mon sésame ? Si du printemps, je tais la floraison en été, Et vis étourdie l'année répandue en moi, Que suis-je de vérité si je ne dis la rosée Pour la ronde des roses gravée sur le bois ? Si j'aime sans mesure, si amour est mon feu, Après m'être lavée les pieds...
Le temps est tombé sur le souffle d'une feuille, Qu'automne recouvre de couleurs veloutées ; Et lorsque l'éclair frappe l'arbre et l'écureuil, C'est le cri du deuil que pousse l'infortuné. L'épousée giboulée se tient au logis feutré, Et la lumière gémit de l'insulte subie, Car il n'y a de plaie que face à l'inimitié Jetant sa froideur aux traits de celui qui bénit. Feuille tournoyait dans le vent, scrutant sa couleur, L'âme triste, endeuillée une seconde fois, Que nul n'a voulu avouer, pourtant de valeur ; Qu'onde au-dessus des nuages donnait d'autrefois. Le soleil s'est couché, serrant l'ouest...
Quel est ce sourire qui s'estompe, Et cette ombre ténébreuse qui va, Ce fort coup de tonnerre qui frappe, Et ce typhon qui ternit les gravas ? La rue glane ses piétons frileux Et le noir bitume crie sa colère ; La saison met son foulard peureux, Et tout va bruyant de fièvre. Le sol est jonché de feuilles mortes, Et encor' d'injures et de débris ; Les blasphèmes ont fermé la porte ; La rue a pris l'indigent sans abri. La nature a pleuré ; lui aussi. La bière a coulé ; les larmes aussi. Et les murs fissurés ont blêmi. Les arbres l'ont scruté ; la vie aussi. Qui, de raison, regrets, d'insensé, A vu...
Nos vies voguent sur terre comme des voiles adorant la Mère, soufflant le vent dans nos ailes tel Elle écrit la vie sur nos autels. Tout est soupir, de l'air à la mer, offrant à nos haleines l’univers, ce don, ce cri plaintif de la bise qu’il soit baiser ou brise. Barque, frégate ou chaland, tous chaloupent sur les flots d’océan, quittant les marées et les vents, traversant les vents hurlants. Toujours ciselées par le cœur lourd, elles jettent l’ancre lors du dernier jour, libellant sur les berges de leur voilure le mot Amour d’une encre azure. La majesté des jours bénis exalte tout l’or de l’espace...