La chimère
Quand l'hiver glissera sur sa tombe inerte,
Et que l'arbre jauni sacrifiera ses feuilles ;
Que l'or du temps caressera sa confidence,
Que sera la providence et sa prudence,
Aux nuits admirées lorsque viendra le seuil ?
Aimer la nuit sombre en demeurant alerte !
Ai-je vu front luire sans l'ombre d'un orgueil ?
Qu'encor' je me demande ce défaut servile
Qui ramasse tant de volontés en servitude,
Laissant sa parade s'étendre d'une certitude ;
Et vole la chimère de ceux qui sont stériles,
Pourtant d'assurance à être en trompe-l’œil.
Ainsi vole l'illusion sur l'hiver de l'âme,
Embrassant son printemps au cercueil,
Les yeux fixés sur ses ténèbres sans fin.
Quand arrive la douce heure du parchemin,
Écrit chaque jour d'invisibles écueils,
C'est la mémoire trompée qui se damne.
Photo personnelle d'un jardin habité
non libre de droits
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