Les vaisseaux fantômes
Nos vies voguent sur terre
comme des voiles adorant la Mère,
soufflant le vent dans nos ailes
tel Elle écrit la vie sur nos autels.
Tout est soupir, de l'air à la mer,
offrant à nos haleines l’univers,
ce don, ce cri plaintif de la bise
qu’il soit baiser ou brise.
Barque, frégate ou chaland,
tous chaloupent sur les flots d’océan,
quittant les marées et les vents,
traversant les vents hurlants.
Toujours ciselées par le cœur lourd,
elles jettent l’ancre lors du dernier jour,
libellant sur les berges de leur voilure
le mot Amour d’une encre azure.
La majesté des jours bénis exalte
tout l’or de l’espace de la nuit opale
que les étoiles au large unissent,
coulant les flux de la lune d’Isis.
Tels des vaisseaux fantômes sans filin
nos artères pulsent au loin,
et nous embarquons d’éternité, enfin !
vers les vagues promises que sont nos destins.
Arrivés fort alourdis au port,
que la vie nomme depuis toujours la mort,
nous enlaçons l’océan marine
ne nous berçant plus de ses Ondines.
Et l’Ange blanc, ceinturé de bleu,
tend sa main vers nos fronts joyeux,
les bénissant de pluie et d’ondes enjouées
qu’Amour n’a de cesse de célébrer.
C’est ainsi lorsque nos vies s’envolent
préférant les ailes des Séraphins en vol,
des Trônes et des Chérubins en Dieu unis
aux voiles des vies serties de rubis.
Pastel sec Béatrice Lukomski "La destinée".
Tableau fait pour mon fils Raphaël lorsqu'il avait sept ans.
1994
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