Généreuse amie !
Ô douleur ! Fidèle épouse ! Eternel disciple !
Me laisseras-tu en paix, une heure, un seul jour ?
Quand as-tu croqué l'ombre de ce long périple,
Que vents et marées méprisent des vrais secours ?
Ô douleur ! Fière marraine !
Qui partage mon lit, proscrit le mouvement !
Que veux-tu, que jamais tu ne lâches ma traîne,
Qu'à nos épousailles tu offris de serment ?
Si tu pouvais, un instant ! Laisser ton aiguille !
Oh ! Repos ! Ô ! immortelle fraternité !
Aimable clémence ! Douce ! Triste estampille !
Compassion amère ! Mon âme déliée.
Quand se meurt la mesure, et que crie la sentence,
Quand geste se raréfie, cauchemar se plaint.
C'est l'étreinte gracieuse, exquise semence,
Qui croît le sépulcral tourment du vendredi saint..
Ô douleur ! Sage amertume ! Prudente voie !
Qui m'enterre et bénit le chemin escarpé !
Vois ce que tu ne dis pas ! Fol' douleur ! Bivoie !
Qui assaille mes heures , mes jours, fort recépés.
Va, ô ! tourment ! ô déchirement ! Lassitude !
Comment ? ô déchirure du corps sans répit !
Que croix dessine sa voie ! Que cœur fort élude !
S'il faut vieillir ainsi ! Cueillir du blé un épi.
œuvre personnelle au pastel sec