Un jour, un enfant ! Un jour, un enfant blond ! Un jour, un enfant a grandi ! Un jour, devenu grand, L'enfant a pleuré le temps, Le temps, le vent et ses parents. Un jour, l'enfant a eu froid, Si froid, qu'il s'est brûlé d'amour, D'amour, un matin d'hiver sans fin. Il est parti sans rien, Pas même l'amour dans les yeux, Le regard désespéré d'être aveugle. Il a vu l'hiver, et le vent Qui tournoyait dans ses mains, Essayant d'attraper un brin d'air. Un jour, cet enfant blond Devenu brun comme la terre Vit de la boue tant il avait plu. Il pâte-modela* un rêve Qui avait la forme d'un soleil. Et se...
Aquarelle faite sur du papier à lettre J'ai marché tant de fois le regard levé, Déchirant la tristesse d'un monde peiné Quand le temps balaye de ses bras lourds Les pensées des hommes gourds. Aux supplications, aux pas marchés le jour, Aux rêves que plus personne n'étreint d'amour, J'ai perçu les cuivres tempêter la tragédie Quand aux chimères, les hommes se parodient. J'ai arpenté tant de rivages, tant de chemins Qu'aux pas marchés, j'ai vécu le chagrin Des poètes bannis, nos bras en croix de bois, Que le feu brûle, que Phoenix aime et voit. Aux débauches dans le bruit des vilenies, Aux cris du...
Extrait : "Entendez ! " Paroles entre l'Ange et le Génie lors de l'hiver 1984
Tableau à l'huile me représentant en 1984 en train de lire au bord de l'étang des Lésines à Hauteville-Lompnes au moment où l'idée d'écrire "Le Génie" germa en moi. Je n'ai pas réussi à faire une photo moins floue de ce tableau, car l'environnement se reflétait dans le verre de l'encadrement. Tableau appartenant à ma fille Julie Koutzine-Joly née en 1984 avec laquelle j'ai écrit cette pièce, je veux dire en sa présence quotidienne en mon bureau." « Écoute bruire le souffle de mes vents ! Au gré de tes pas, raconte le temps Qu'il a fallu au temps pour s'apprivoiser en homme. Raconte le temps qu'il...
12 avril 2020 - Bonjour ! Qui es-tu ? Que viens-tu déranger ma tranquillité d'hêtre ? (Être) - Je ne suis personne. Je venais juste voir si, ici, quelqu’un pouvait me consoler. - Te consoler ! Mais, ici, en ce lieu, personne ne console personne ! Nous sommes des arbres. As-tu déjà vu un arbre consoler un humain ? répond l'hêtre. - Oh ! Je me disais juste que c’était possible ! Que vous aviez, comme moi l’humanité en vos écorces ! On dit que vous gommez la peine lorsqu’on vous caresse. Aussi, suis-je venue te sentir et voir si ta sève était semblable à mes larmes. - Nous l’avons ! Mais pas pour...
Je suis allée lors d’un mois témoin de guerre, portant le nom de Mars en son dieu Arès, voir les yeux de Nature en la belle Athéna, quand Jupiter, son apôtre, vint fort de colère. C’était un mardi. « Même colère ? Manda Arès à Jupiter. - Qui cherches-tu en ce pré fleuri ? Ma Déméter? Athéna ayant rendu les armes ? Dit-il, fier. - Ni l’une ni l’autre, les ayant en mon éther !" Voyant les dieux de l’Olympe muets, j’ai gémi, mandant leur aide pour trois trembles vus en pleurs. J’ai vu l’armée d’Héliades* blêmir dans la prairie, près des Naïades de l’étang, aidées d’Icauna. J’ai entendu le cri des...
C'est jour de pluie. Que dis-je C'est la paix conflit. Paix pleure. C'est un orage. Que dis-je ? Cœur déserte. Un éclair me fend. C'est un nuage. Que dis-je ? Il n'est rien d'autre. Une ride se creuse. C'est le vent. Que dis-je ? C'est un soufflet. Une gifle sans courage. C'est pis encore. Que dis-je ? Une tornade passe. J'ai mal à ma ride. C'est neige blanche. Que dis-je ? Un flocon fige une larme. Visage a froid. C'est la moisson. Que dis-je ? Terre est aride. Elle n'a pas compris. C'est...je me demande. Oui, que dis-je ? Je ne sais plus. La droiture est morte. C'est une fleur du mal. Que dis-je...
Ô douleur ! Fidèle épouse ! Eternel disciple ! Me laisseras-tu en paix, une heure, un seul jour ? Quand as-tu croqué l'ombre de ce long périple, Que vents et marées méprisent des vrais secours ? Ô douleur ! Fière marraine ! Qui partage mon lit, proscrit le mouvement ! Que veux-tu, que jamais tu ne lâches ma traîne, Qu'à nos épousailles tu offris de serment ? Si tu pouvais, un instant ! Laisser ton aiguille ! Oh ! Repos ! Ô ! immortelle fraternité ! Aimable clémence ! Douce ! Triste estampille ! Compassion amère ! Mon âme déliée. Quand se meurt la mesure, et que crie la sentence, Quand geste se...
C'est un orage. Il étend son bruit Comme un linceul. C'est une douleur ! Si vive qu'elle crie Au cœur de la vie. C'est une averse Qui rien ne lave. Rosier pleure. Raide, figée, C'est un arbre À l'agonie. C'est une tempête. Elle passe. Non ! elle est là. Le soleil s'éteint. C'est soir. Le vent hurle. Douleur s'allume. L'âme brûle, Le corps aussi. C'est un champ désert. Douleur veut partir. Elle s'incruste. Une déferlante arrive. Douleur m'aime. Que faire ? C'est le vide, Un moment. Elle remplit le puits. C'est un sacrifice. Ô douleur ! Ô mon épaule ! Où est la rose ? L'onguent ! Vous le connaissez...
Dors mon tout petit à moi, Dors tout contre moi, Maman veille. Ne pleure pas mon tout petit, Ne pleure pas ce soir, Maman veille. Regarde petit, regarde, Regarde la rose Sur mon petit cœur. Mon petit, mon tout petit, À moi tendre, Vois ton jour se lever. Petit, mon petit à moi, Vas au loin, tiens ma main Sur ton cœur en fleur. Oh ! Je n'avais pas vu Comme tu es grand devenu, Mon petit dans tes années ! Pars, pars mon grand, Mon tout petit à moi Puisque les étoiles t'attendent. Si à la vie tu t'accrochais? Mon petit, mon tout petit, Tu serais à ton tout petit sa lueur. Ne dors plus mon tout petit,...