L'écume des nuits
Quand nous aurons rajeuni après avoir bien vieilli
après avoir reçu les dons de l’eau et du levain,
le sel et l’huile loueront notre plus beau chant
que l’écume des nuits connaît de tous nos matins.
Verrons-nous se lever le soleil sur nos bienfaits
que nous déposerons, dès le seuil franchi,
notre joie d’une vie achevée clamant sa parure,
dès que l’éclair à l’aube naîtra de notre trépas.
Heureux serons-nous d’avoir accompli notre destin,
enfin libérés de nos chaînes, penserons-nous,
redonnant de l’éclat à la Pensée venue vers nous,
couronnant tout ce qui fut afin que rien ne se perde.
Nous irons l’âme légère vers le bel horizon,
déposant nos failles grises, nos peines si lourdes,
sur les flots bleus que nos vies agiteront,
faute d’avoir eu de la grâce, jaugée par tant d’éons.
Le cœur méritant le purgatoire en son tumulte,
car ayant vécu de si peu de piété et d’amour,
dira sa foi nouvelle pour une vie renouvelée
après avoir étreint l’univers en sa trinité.
Oui ! quand nous aurons bien vieilli et rajeuni,
laissant sur la rive des deux mondes nos corps lassés,
nos esprits vaillants à tant vouloir renaître,
cisèlerons d’autres vertus pour forger notre lumière.
Guéris, après avoir scruté nos figuiers flétris,
nous verrons les roses, rouges, bleues, or, briller,
baignant nos yeux éveillés à leur clarté
qu’amour aura orné de ses vœux écarlates.
illustration : pastel sec Béatrice Lukomski-Joly
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