La flamme de mes lettres
Le vent d'hiver tombe telle une feuille morte
Et pendant que l'amer soupir cogne à ma porte,
Ombres d'infinis vœux volent à ma fenêtre
Cédant leur tristesse à la flamme de mes lettres.
S'il est tard, s'il est ingrat de penser la route,
Si encor’ rien d'un nuage n'ouvre ma voûte,
Quoi consacrer d'aise à ma lèvre qui soupire
Quand sautille la dernière feuille au nadir ?
S'il est une larme glissant sur mon sourire
Faisant fi de mon tourment quand tombe le pire,
Que soupirerait le regard à ma douleur
Si l'iris ne fermait son voile à sa frayeur ?
Pendant que les branches dénudées s'assoupissent,
Que les fleurs dorment au bord des précipices,
Vois-je encor’ la flamme de l'hiver au printemps
Sans que mon regard ne se ferme au feu vibrant ?
Je ne sais quelle est la vigne, où du sel puisé,
J'ai empli mon âme, souvent triste, épuisée,
Quand la feuille foulée a levé sa parure,
Et au sens du temps a embelli ma gravure.
S'il faut une plume or, de cygne ou sépia,
S'il faut un limbe, qu'il soit texte ou aria,
Tisserai-je de leur rêves, l'aura céleste,
Qu'en mes créations, j'ai brodé d'anapestes ?
Paru en 2017
Aquarelle œuvre personnelle
" Christ"