Le silence des voix éteintes
L'été déjà se meurt, et avec ses émouvantes senteurs,
Fredonne l'empire des aurores parfumées.
Arrive à grands pas l'automne que j'aime de couleurs,
Et avec lui le fracas des branches dans les prés.
J'entends déjà le frémissement des feuilles,
Coulant au blizzard leur frêle branchage,
Et au limon des terres fécondes, secoue l'orgueil,
Que rides vêtues d'années, de froid voyagent.
Ai-je écris l'amour de l'été en ses lauriers
Que saisons plaident la perfection de sa parure.
Mon âme se languit des jours de rire déployés,
Et aspire avec joie au fracas des jours de verdure.
Car il n'est pas que l'été pour dire la vie et ses étreintes,
Si de sa frivolité nous ne percevons les traverses,
Qui lentement mènent au silence des voix éteintes.
Et, oh ! je meurs avec l'été qui n'a rien vu des averses.
Poète maudit des embellies sans vraies éclaircies,
Qu'ai-je à toujours clamer la beauté des charmes
Et des pins sur le ventre des prairies au cœur trahi,
Quand appelée, la peur de mon âme rend l'âme ?
Faut-il que sous le sapin, assise les pieds dans l'eau,
Je rencontre une coronelle qui se voudrait amicale,
L'air de rien, aimant juste faire tinter son grelot
Sans jamais être juste, et de ruse s'alanguir glaciale ?
Faut-il toujours que le sens du vent caresse l'attente,
Et au tracas qu'est la vie, pleurer l'humanité absente ?
À défaut de la conter fragile dans le remous des ententes
Qui ont plaidé pour nos verbes francs, sa vie naissante ?
J'aime quand se meurt l'été et la vérité de ses branches,
Pour l'éclat des mornes saisons et de leur froidure,
Pour la rose qui jamais ne fane en mon âme franche,
Pour mes fidèles hirondelles aimant mes augures.
Quand l'hiver me rassure de son manteau de neige,
Quand les blancs manteaux apaisent l'été endeuillé,
C'est enfin de paix que soupirent les roses privilèges,
Au firmament de toutes nos voûtes effeuillées.
Poème paru dans un de mes livres publiés
Photo personnelle
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