Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le diadème des offrandes - Béatrice Lukomski-Joly - Littérature poésie "Poésie d'un temps qui n'existe plus, existera demain, meurt et renait."

La vieille dame et l'enfant

Béatrice Lukomski-Joly

Je suis allée me promener.

J’ai rencontré une petite fille.

Elle n’avait de cesse de se balancer,

dans les arbres, dans son lit,

une poupée dans les bras.

 

Je lui ai dit : « Bonjour !

Comment vas-tu ?

Il y a si longtemps

que je ne t’ai vue !

Tu n’as pas vieilli.

Quel âge as-tu ?

 

Elle m’a regardée, étrangement.

Puis, elle a répondu :

« Je ne sais pas.

Je n’ai pas d’âge.

Et toi ?

Quel âge as-tu ? »

 

Je l’ai regardée,

tout aussi étrangement.

Elle avait des petits yeux,

soucieux et songeurs,

des cheveux sans forme

comme un lutin qui se lève

après avoir dormi des siècles.

 

Je n’ai pas osé lui dire mon âge,

car en fait, je l’ignore,

je ne le sais pas,

pas plus qu’elle.

Je lui ai dit

que comme elle,

j’étais sans âge

parce que jeune et vieille,

depuis toujours.

 

C'était étrange.

Sa voix porta ces mots :

" Se pourrait-il que tu sois moi 

quand je suis vieille dame ?"

Ma voix porta les mêmes mots :

" Se pourrait-il que je sois toi ?

toi, Ô ! disparue de mes jours !"

 

Elle a pris ma main,

disant : «Viens, je t’emmène vers demain au passé

Je lui ai répondu que je ne le souhaitais pas,

que demain était tissé de passé

et qu’il fallait laisser le passer devant.

Car c’était sa place

si nous voulions avoir un autre passé. *

 

Elle m’a encore regardée ;

doucement, elle s’est posée sur ma joue.

J’ai frissonné comme la brise,

au matin, lors d’un lever de neige.

Elle a dit :

« Pourquoi, trembles-tu ?

Fait-il froid ?

Je ne ressens rien.

Ta joue est chaude ;

c’est un coussin d’été.

Je reste là, avec toi.

On ne se quitte pas, n’est-ce pas ? »

 

J’ai pris sa main,

l’ai portée vers demain ;

elle ne le voulait pas,

moi, guère plus.

Il faisait froid,

Il gelait si fort.

Demain attendait le passé.

Le passé n’a rien dit,

pas même n'a murmuré un son.

 

Blanche comme neige était sa bouche.

Et la mienne.

Bleu comme l’azur étaient ses doigts.

Et les miens.

Rouges étaient ses pieds nus.

Pareils aux miens.

Cristal était ses prunelles olives,

Comme les miennes.

 

Nous nous sommes regardées,

fixement,

puis blotties l’une contre l’autre,

tendrement.

Elle a montré son étoile

dans le ciel,

je lui ai montré la mienne.

« Vois-tu, c’est mon âge ! »

avons-nous dit, ensemble.

 

Nous nous sommes regardées.

Le passé nous a soulevées dans ses bras

et vers le monde nous a portées.

 

Quel monde ? Ai-je dit.

Elle a répondu :

« Viens, la mort nous attend.

C’est fini.

C’est bien.

Nous avons fait un long chemin,

toi et moi unies.

 

Quel âge as-tu ?

Comment ?

Ne le sais-tu pas ?

....................

................................

 

* : demandez au poète ce qu'il a voulu dire !

cependant pas certaine que je vous réponde.

ah si ! ....

allusion au Kamaloka...

 

Les deux derniers vers, ou la chute du poème paru dans " le diadème des offrandes"

 

Pastel sec , œuvre personnelle, en cours de réalisation

Veillez !

Dessin pastel sec achevé

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commentaires