Roses, bleues, grenats dorés, solaires, élues, tendres bourgeons infiniment lents et féconds, vont dans mon jardin, de ciel grisé, revêtues, nues dans leurs frêles tenues, depuis des éons. En avril, loge un rêve glorieux dehors, que notre espérance d’éclore ensoleillée, dévoile aux roses de jours, nos épines d’or, qu’ensemble, nous allons avec art vers l’été. Pourpres, orangées, ambrées, attendent les fleurs, espérant fleurir à foison sur les charmilles, ornant de leurs fines lianes, la douceur : murs et écrins, chaumières, nids et haies dociles. Giroflées, opales, rubis, bleu-saphirs-nuits, secrets...
Dans le jardin sont venus tournoyer mille follets, éblouissant leurs étoiles montantes, mes aïeules ; puis sont venues sur mille rayons, cent reines de lait nées de fleurs solaires assises dans l’air du miel. C’était beau, majestueux et solennel vignoble. Tant d’émerveillement olympien à mon regard vert, qu’éblouie d’Amour en leur sein noble, je me mis à valser avec les forces de Déméter. Légère, tel un papillon transfiguré en plein vol, je volais vers l’azur bleu que mes yeux voyaient rose, pourpre, mauve, garance et flammes vertes en obole. Tout vibrait en une vaste messe stellaire éclose. C’était...