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Le diadème des offrandes - Béatrice Lukomski-Joly - Littérature poésie "Poésie d'un temps qui n'existe plus, existera demain, meurt et renait."

Un jour, un enfant. Poème court suivi de considérations pensées sur la bientraitance.

Béatrice Lukomski-Joly

 

Un jour, un enfant !
Un jour, un enfant blond !
Un jour, un enfant a grandi !
Un jour, devenu grand,
L'enfant a pleuré le temps,
Le temps, le vent et ses parents.
Un jour, l'enfant a eu froid,
Si froid, qu'il s'est brûlé d'amour
D'amour, un matin d'hiver sans fin.
Il est parti sans rien,
Pas même l'amour dans les yeux,
Le regard désespéré d'être aveugle.
Il a vu l'hiver, et le vent
Qui tournoyait dans ses mains,
Essayant d'attraper un brin d'air.
Un jour, cet enfant blond
Devenu brun comme la terre
Vit de la boue tant il avait plu.
Il pâte-modela* un rêve
Qui avait la forme d'un soleil.
Et se brûla les doigts, après l'amour.
Avait-il un nom, l'enfant ?
La pâte à modeler fondit au soleil,
Car il n'avait pas de nom à lui donner.
Il pleura sur le chemin sans herbe,
Terrifié d'être abandonné dans la rue,
Le nez collé à la fenêtre sous la neige.
L'enfant grandit apeuré,
Terrifié par ses peurs géantes
Qui galopaient, méchantes, en son cœur.
Un éclat de verre dans la pupille,
Il ne vit rien du soleil brûlant,
Que l'éclat d'un rayon cache.
Quand l'enfant fut mort à son enfance,
Et que sa grandeur dépassa l'insolence,
Il entendit des voix ténébreuses.
Un jour, un adulte,
Un jour, un adulte brun,
Un jour, un adulte a perdu pied.

 

Ne doutez jamais de la parole d'un enfant qui dit clairement qu'il est maltraité par un autre enfant, un adulte  que cet adulte soit un parent, ou  un maître, un professeur, un directeur, de son école ou un adulte d'une association (éducateurs ), un  médecin, etc. 

 

J'en ai connu plusieurs que les adultes n'ont pas écouté, ni cru, laissant la maltraitance s'aggraver, créant la terreur, la colère,  la délinquance , car il n'y a pas de délinquant dans le monde sans qu'il n'y ait eu durant l'enfance un enfant malmené, maltraité.

 

Prenez garde à la parole adulte qui fabrique la preuve contre un enfant en utilisant d'autres enfants ou un adulte ami en soutien ! C'est le processus connu  de la bouc-émissarisation.

 

Se souvenir que sur des générations entières depuis des siècles, l'enfant fragile par nature a toujours été victime de maltraitance par au moins l'un ou plusieurs membres de sa famille ou adultes extérieurs encadrants qui sont pour l'enfance, les professionnels de l'enfance (école et associations, crèches et garderies). Andersen l'appelait "Le vilain petit canard". Tous ne deviennent pas cygne selon la gravité des faits.  Tous ne sont pas capable de résilience.

 

Tous, parents, professeurs, maîtres, éducateurs, juges, tous sans exception, ont donc  été des enfants maltraités, mal aimés, dépréciés, humiliés, accablés, jugés, et ils jugent en regard de leur vécu et non de la loi bien que la loi soit revêtue de plusieurs habits. Nous sommes tous les acteurs de la faute.

 

Celui qui maltraite, déprécie, juge, un enfant est un ancien enfant maltraité devenu intérieurement agressif : il écrit en rouge, il critique toute personne et critique notamment  celles qui lui semblent être les plus fragiles, celles âgées poteuses de handicap ; elles sont ses cibles préférées lorsque ce n'est pas l'enfant lui-même ! Un grand nombre de maîtres et d'éducateurs choisissent ces métiers parce qu'ils  veulent comprendre l'enfant qu'ils ont porté en eux,  en regardant vivre, travailler, ceux qu'ils ont été :


"Ah ! c'est celui-là ! celui-là est moi !"

 

Il n'y a pas de pathologies psychiatriques mineures ou majeures sans qu'il n'y ait eu maltraitance durant l'enfance. L'empathie ou la pitié est le regard que nous devons porter sur l'autre pour parvenir à comprendre ce qui est notre  mécanisme d'action. 

 

Qui crée le psychopathe, l'assassin, le voleur, le dément, le violeur, le menteur, l'insolent, le casseur, etc. ? Que chacun se regarde et se pose la question en son miroir. 

 

Souvenez-vous ... !

 

Luttons toujours pour défendre l'enfant en face de soi - et non pas l'enfant en soi que nous voulons guérir. Car le transfert est une calamité et est la motivation d'un choix professionnel... qu'elle soit éducative ou répressive ou médicale. C'est la raison de la reconduction des actes subis : l'autre en face de soi sans rien attendre pour soi , et non pas  soi dans l'autre par transfert.

 

L'humain n'est pas encore conscientisé pleinement, c'est la grande nuisance.

 

Seul, celui qui a regardé, analysé, dénoncé, la maltraitance subie comme  ferment d'un renouveau possible  ne sera pas maltraitant quand bien même il n'aurait pas été cru ; celui-là ne reproduit pas  les gestes vécus. Un enfant placé pour cause de maltraitance subie ou d'abandon n'est pas forcément un récidiviste par mimétisme  des adultes, acteurs de l'enfance, s'il ne rencontre qu'un seul adulte l'aimant en Vérité sans rien attendre en retour, l'écoutant et l'aidant.

 

"Sans rien attendre en retour" : c'est à dire dans l'espérance de recevoir une bonne note, une belle appréciation, une promotion, une augmentation, pour des professionnels et  des valeurs citoyennes  le hissant sur un piédestal, ce fameux " Moi, je..." qui  sort de toutes les bouches écrasant les autres, pour tous les adultes professionnels et familles. Quand toutes ces valorisations disparaitront pour le seul bien être de l'enfant et de tous adultes, nous verrons la maltraitance disparaitre. 

 

Etes-vous prêt à abandonner tous ces privilèges de récompenses qui depuis des siècles nuisent à tout le monde, de l'ouvrier au président de la république  et de l'enfant au vieillard ? !

 

Aux valeurs citoyennes, il  est urgent de renforcer celles-ci par des valeurs morales pour qu'elles ne restent pas citoyennes car le citoyen est le " Moi, je..." et la morale est" toi avant moi."

 

Qui est prêt pour sauver l'enfance de se placer en face de l'enfant comme une valeur morale sans aucun transfert ? Sans rien attendre en retour ?

 

Si il n'y avait pas un seul enfant au monde maltraité, nous verrions alors l'alcoolisme, le tabagisme, les toxicomanies,  s'annuler, car toutes ces substances sont le  miroir de l'oubli. Tout apéritif quotidien (alcoolisme mondain) est un aveu , une volonté d'oubli.

 

Ainsi en est-il de la vitesse grisante sur route qui est un acte espéré suicidaire : l'auteur de l'infraction se suicide réellement par la mise en situation d'un accident mortel abouti ou non, et/ou il "suicide" autrui, ce qu'on nomme l'homicide involontaire, qui est subconsciemment volontaire sans conteste,  en l'occurrence l'adulte maltraitant rencontré lorsqu'il était enfant, en provoquant un accident : Acte subconscient dans la volonté d'éliminer  cet autre qui nous dérange, fut-il soi ...

 

Dans tous rapports sociaux et sociaux-éducatifs, dans tous délits jugés sur un adulte, il y a un enfant condamné par d'anciens enfants  maltraités condamnant ses pairs, qui sont les adultes d'aujourd'hui,  et condamnant les juges si celui-ci ne se juge pas lui-même.

Tout comme le psychanalyste a l'obligation d'avoir fait et achevé une psychanalyse pour être psychanalyste, tout éducateur, tout juge, tout acteur de l'enfance, doit un jour se soumettre à cette psychanalyse pour ne pas être déviant en actes et en paroles. Elle doit être intégrée au cursus d'études pour valider  le diplôme.

 

Il faut réparer l'identité de l'enfant, mais comment ? En redevenant l'enfant que nous étions avant d'être maltraité. Car seul l'enfant en soi se souvient de ses rêves d'enfant qui ne sont jamais malveillants mais toujours nés de l'imagination du rêve bienveillant soit de l'innocence.  On l'appelle le syndrome de Peter Pan, mais non ! il est l'innocence perdue qui veut exister dans la sagesse de l'adulte sans rester enfant.

 

Ces réflexions car lorsque j'avais vingt ans, j'avais comme projet de faire pour mémoire de fin d'étude en soins infirmiers un mémoire sur les motivations non-dites des choix des métiers  s'occupant d'autrui en vue de démasquer toute maltraitance pour  assoir la bienveillance.  Il m'était apparu qu'entre  "protéger la femme, la mère et l'orphelin" - qu'entre  "volonté de soigner et voyeurisme "-"venir en aide aux autres et soumettre l'autre",  (entr'autres motivations dites), il y avait une somme de violences réelles  cachées vivant sous une forme de douve intérieure ou les deux faces d'un même individu dont j'avais très jeune pris conscience sont en lutte. Cette approche d'autrui ne m'a jamais quitté.

 

Une amie m'en avait dissuadée : " Prudence ! Tu vas te faire  une quantité d'ennemis quand bien même tu es dans la vérité de chaque métier !" J'ai alors choisi un autre thème traitant de la responsabilité civile et pénale de l' infirmière face aux patients.

 

Propos réflexions de Béatrice Lukomski-Joly

* Licence poétique, mot création personnelle

 

Pastel sec œuvre personnelle

 

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