Je ne suis rien, car je ne veux rien, rien être, Ni être une chose, ni être un nom, rien qu'Être ! N'être aucune prétention sinon prétendre être Qu'aux pas des arbres rencontrés, j'ai été pour être. N'être rien que ce que je peux être, chaque instant, Quand l'instant épouse l'éternité pour le firmament. N'être que ça, le firmament dans mon éternité ! Rien que cette étole d'étoiles à mon regard édifié ! Pourquoi être un autre quand s'efface le jour, Et que la nuit m'embrasse de ses astres d'amour, Quand à la rondeur des déliés des vies passées, Je marche d'inclinaisons face au vent, rassasiée ?...
Ô poète ! Des muses, laquelle est ton élue ? De quelle saison, aimes-tu l'abondance des talus ? Des royaumes, desquels, aimes-tu la plaine ? Des fleurs, aimes-tu l’œillet ou la marjolaine ? Qui des montagnes, lèves-tu à l'apogée des cimes ? Quoi des mers et des océans, habille tes rimes ? Ô poète ! De quelle semence, as-tu levé la fleur ? Dis-moi le nombre du temps qui a aimé tes heures ? De quelle terre, as-tu posé l'encre de tes jours, Quand fleurissaient d'or les belles-de-jour, Quand jours, il y eut, quand nuits les a aimés ! Raconte ! Raconte le vent et ses baisers enflammés, Les frissons...
Lorsque je fais une pâle copie d'un portrait existant de celui qui est estimé comme étant le plus grand poète allemand : Novalis, et quand l'Académicien Jean Moncelon insérait dans sa lettre bimestrielle 77 traitant de Novalis trois de mes poèmes écrits en hommage à Novalis, ce fut pur bonheur. http://novalis.moncelon.fr/Lettre%2077%20NOVALIS.pdf Voici un de ces trois poèmes Le nectar pourpre Tu es venu écouter mon valeureux ciel, Au matin sublime, aux nuances qui paraissent, Et de tes lèvres empourprées par le soleil, Tu as embrassé ma bouche qui, les mots, laisse. Tu es descendu des étoiles,...
J'ai demandé au silence sa mission, Et hier soir, dans la nuit noire, l'ai appelée. Voulant m'entretenir de sa vocation. Avec lui, j'ai parlé des jours de sa durée. "Silence est une noble femme", me dit-il. "Son pèlerinage est une danse légère, Et lorsqu'elle enjambe la vieillesse d'un fil, C'est de son immobilité qu'elle suggère." Éblouie, je la liais à mon cœur pensif, Et, d'un pas intérieur, lui vouais un culte Que seul appuie le silence sur le récif, Qu'obscurité dans sa clarté éthérée sculpte. Toujours éclairée, je lui parlais en repos ; De sa maîtrise, j'étais l'amie car elle valse, Glissant...
Je suis allée par la campagne cueillir la joie des vignes, Qu'accompagne la Champagne aux matins des signes, Et dans le doux rayonnement des aubes câlines, J'ai embrassé l'épi de blé en capeline d'or, loin du spleen. Pendant que le soleil dessinait, sur ses coteaux, Le doux éclat fleuri des rouges coquelicots, Les champs ont discouru, avec les oiseaux bleus, Du temps des promenades suspendues à mes yeux. Et j'ai vu briller dans le regard des lucioles, la nuit, La gaieté des étoiles or, l'allégresse des prairies, Et encore la gaieté des papillons mariés aux libellules. J'ai dit : je t'aime et la...