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Le diadème des offrandes - Béatrice Lukomski-Joly - Littérature poésie "Poésie d'un temps qui n'existe plus, existera demain, meurt et renait."

mort

Le bruit de l'eau

Béatrice Lukomski-Joly
Le bruit de l'eau
Le bruit de l'eau

Parfois nous voyons des étoiles tomber et sur terre fondre comme neige au soleil ; parfois nous entendons le bruit de l’eau rendant son âme lorsque les étoiles se noient. Parfois nous creusons la terre aride espérant la voir fleurir du bruit de l’eau, et pour tout réveil y voyons l’urne mortelle attendant des sédiments le résidu des chagrins. Parfois des étoiles nous croyons voir l’éclat de soi et aveugles que nous sommes découvrons la fange que les jours amers ont tissé dans la nuit noire lorsque nous pensons avoir été utile sans l’être. Parfois nous pensons être l’ami des soupirs, et lorsque...

Chaque soir nous mourons et allons vers la tombe. A l'approche des étoiles, chantons !

Béatrice Lukomski-Joly
Chaque soir nous mourons et allons vers la tombe. A l'approche des étoiles, chantons !
Chaque soir nous mourons et allons vers la tombe. A l'approche des étoiles, chantons !

Je voudrais vous dire merci, Sincèrement vous dire merci, Vous, fleurs passées ou fanées de mes jours Que nous voyons parfois au grand jour. Je voudrais pour vous cueillir des étoiles, Chaleureusement les faire belles toiles, Orner vos fronts de douces perles, Quand enfin chante le noir merle. En ces grands soirs de nos attentes, Je voudrais vous offrir, pénitente, Mille blanches bougies scintillantes Que nos yeux prendront vaillantes. Je voudrais offrir encore de la joie Que sème l'espérance parfois, Je voudrais vous parler de la force Qu'il faut pour être de la vie, l'écorce. Je voudrais vous...

La chimère

Béatrice Lukomski-Joly
La chimère
La chimère

Quand l'hiver glissera sur sa tombe inerte, Et que l'arbre jauni sacrifiera ses feuilles ; Que l'or du temps caressera sa confidence, Que sera la providence et sa prudence, Aux nuits admirées lorsque viendra le seuil ? Aimer la nuit sombre en demeurant alerte ! Ai-je vu front luire sans l'ombre d'un orgueil ? Qu'encor' je me demande ce défaut servile Qui ramasse tant de volontés en servitude, Laissant sa parade s'étendre d'une certitude ; Et vole la chimère de ceux qui sont stériles, Pourtant d'assurance à être en trompe-l’œil. Ainsi vole l'illusion sur l'hiver de l'âme, Embrassant son printemps...

La lettre

Béatrice Lukomski-Joly
La lettre
La lettre

Le temps est tombé sur le souffle d'une feuille, Qu'automne recouvre de couleurs veloutées ; Et lorsque l'éclair frappe l'arbre et l'écureuil, C'est le cri du deuil que pousse l'infortuné. L'épousée giboulée se tient au logis feutré, Et la lumière gémit de l'insulte subie, Car il n'y a de plaie que face à l'inimitié Jetant sa froideur aux traits de celui qui bénit. Feuille tournoyait dans le vent, scrutant sa couleur, L'âme triste, endeuillée une seconde fois, Que nul n'a voulu avouer, pourtant de valeur ; Qu'onde au-dessus des nuages donnait d'autrefois. Le soleil s'est couché, serrant l'ouest...

Le rêve

Béatrice Lukomski-Joly
Le rêve
Le rêve

Pastels sec faits d'après mes photos de giroflées; Quand je m'exerce au dessin. Puisqu'il nous faut mourir une nuit, je m'incline ; Et que dans la mort, tout se fige dans la bruine ; Puisqu'il nous faut nous laisser seules, cette nuit, Et que dans l'abandon, tout se brise d'ennui, De l'inachevée ardeur des amours imparfaits, Je sais le cœur contrit à la forge des forfaits. Des vœux pieux non aboutis qui m'inquiètent, Puisque la mort survient, terriblement muette, Sans dire un seul mot pour nous prendre sur la grève, Que la main divine prenne vaillamment le glaive Pour que nos forts vécus endeuillés...

Les vaisseaux fantômes

Béatrice Lukomski-Joly
Les vaisseaux fantômes
Les vaisseaux fantômes

Nos vies voguent sur terre comme des voiles adorant la Mère, soufflant le vent dans nos ailes tel Elle écrit la vie sur nos autels. Tout est soupir, de l'air à la mer, offrant à nos haleines l’univers, ce don, ce cri plaintif de la bise qu’il soit baiser ou brise. Barque, frégate ou chaland, tous chaloupent sur les flots d’océan, quittant les marées et les vents, traversant les vents hurlants. Toujours ciselées par le cœur lourd, elles jettent l’ancre lors du dernier jour, libellant sur les berges de leur voilure le mot Amour d’une encre azure. La majesté des jours bénis exalte tout l’or de l’espace...

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