Nos vies voguent sur terre comme des voiles adorant la Mère, soufflant le vent dans nos ailes tel Elle écrit la vie sur nos autels. Tout est soupir, de l'air à la mer, offrant à nos haleines l’univers, ce don, ce cri plaintif de la bise qu’il soit baiser ou brise. Barque, frégate ou chaland, tous chaloupent sur les flots d’océan, quittant les marées et les vents, traversant les vents hurlants. Toujours ciselées par le cœur lourd, elles jettent l’ancre lors du dernier jour, libellant sur les berges de leur voilure le mot Amour d’une encre azure. La majesté des jours bénis exalte tout l’or de l’espace...
Quand nous aurons rajeuni après avoir bien vieilli après avoir reçu les dons de l’eau et du levain, le sel et l’huile loueront notre plus beau chant que l’écume des nuits connaît de tous nos matins. Verrons-nous se lever le soleil sur nos bienfaits que nous déposerons, dès le seuil franchi, notre joie d’une vie achevée clamant sa parure, dès que l’éclair à l’aube naîtra de notre trépas. Heureux serons-nous d’avoir accompli notre destin, enfin libérés de nos chaînes, penserons-nous, redonnant de l’éclat à la Pensée venue vers nous, couronnant tout ce qui fut afin que rien ne se perde. Nous irons...
Le maître ou le désespoir de Lukas ( écrit par Lukas lui-même)
Le maître est malade. L’écolier est content et danse dans la cour quand le maître dort dans son lit. Le vent parle aux oiseaux. L’écolier entend leur chant pendant que les feuilles des cahiers meurent au pied de son lit. Batifolent les fourmis endormies dans leur nid. L’écolier écoute les colibris chanter sous une goutte ravie. Quand le maître est malade, tous les élèves s’éveillent. Une nouvelle maîtresse est là habillée d'un beau sourire. Les écoliers sont éblouis. Heureusement il y a les oiseaux qui chantent dans la cour quand le maître dort chez lui. Lukas Dubois-Joly - Huit ans - L'enfant...