Chaque soir nous mourons et allons vers la tombe. A l'approche des étoiles, chantons !
Je voudrais vous dire merci, Sincèrement vous dire merci, Vous, fleurs passées ou fanées de mes jours Que nous voyons parfois au grand jour. Je voudrais pour vous cueillir des étoiles, Chaleureusement les faire belles toiles, Orner vos fronts de douces perles, Quand enfin chante le noir merle. En ces grands soirs de nos attentes, Je voudrais vous offrir, pénitente, Mille blanches bougies scintillantes Que nos yeux prendront vaillantes. Je voudrais offrir encore de la joie Que sème l'espérance parfois, Je voudrais vous parler de la force Qu'il faut pour être de la vie, l'écorce. Je voudrais vous...
Auto portrait au pastel sec Solitude, douce amie, genèse d’étoiles et de destin, toi, pléiade de mes Lettres en mon être sans lésine, tu es l’arôme céleste du fruit des versets d’airain, à l’entour animés d’empyrée, et d’argile à mes épines. En toi, je me repose, arrosée de prose en la Gnose, tout à la fois, âgée, encouragée en ta demeure. Tu m’émerveilles, musicale comme la note de la rose, aimée de ton giron offrant tes lueurs à mes heures. Humble comme mésestimée, tu révèles l’animé, accueillant les blessures des forts tourments. Et, songeant voir le galbe, la coupe, des lourdes vanités tu nous...
Un jour, un enfant. Poème court suivi de considérations pensées sur la bientraitance.
Un jour, un enfant ! Un jour, un enfant blond ! Un jour, un enfant a grandi ! Un jour, devenu grand, L'enfant a pleuré le temps, Le temps, le vent et ses parents. Un jour, l'enfant a eu froid, Si froid, qu'il s'est brûlé d'amour, D'amour, un matin d'hiver sans fin. Il est parti sans rien, Pas même l'amour dans les yeux, Le regard désespéré d'être aveugle. Il a vu l'hiver, et le vent Qui tournoyait dans ses mains, Essayant d'attraper un brin d'air. Un jour, cet enfant blond Devenu brun comme la terre Vit de la boue tant il avait plu. Il pâte-modela* un rêve Qui avait la forme d'un soleil. Et se...
Je suis allée me promener. J’ai rencontré une petite fille. Elle n’avait de cesse de se balancer, dans les arbres, dans son lit, une poupée dans les bras. Je lui ai dit : « Bonjour ! Comment vas-tu ? Il y a si longtemps que je ne t’ai vue ! Tu n’as pas vieilli. Quel âge as-tu ? Elle m’a regardée, étrangement. Puis, elle a répondu : « Je ne sais pas. Je n’ai pas d’âge. Et toi ? Quel âge as-tu ? » Je l’ai regardée, tout aussi étrangement. Elle avait des petits yeux, soucieux et songeurs, des cheveux sans forme comme un lutin qui se lève après avoir dormi des siècles. Je n’ai pas osé lui dire mon...