Feuilles irisées dans la forêt Sautillent tel un destin amer ; Et pendant que dans l'ocre marais L'air tremble du vol des éphémères, Le sentier vers son portail nous porte, Venant tapoter à notre porte. Branches, grâce au vol des hirondelles, Courbent leur dos pour nous accueillir ; Et lorsqu'araignées créent leurs toiles, Tissant des spirales, sans bruire, Les roulis d'ailes brisent la soie Qui aurait bien terni le hautbois. C'est ainsi lorsque Zéphyr* s'apaise Pour qu'Air* nous donne sa quiétude ; Et qu'en plein Vent*, feuilles grisées d'aise, Aident l'élan voulu par le Sud* ; Rien n'est plus...
Le vent d'hiver tombe telle une feuille morte Et pendant que l'amer soupir cogne à ma porte, Ombres d'infinis vœux volent à ma fenêtre Cédant leur tristesse à la flamme de mes lettres. S'il est tard, s'il est ingrat de penser la route, Si encor’ rien d'un nuage n'ouvre ma voûte, Quoi consacrer d'aise à ma lèvre qui soupire Quand sautille la dernière feuille au nadir ? S'il est une larme glissant sur mon sourire Faisant fi de mon tourment quand tombe le pire, Que soupirerait le regard à ma douleur Si l'iris ne fermait son voile à sa frayeur ? Pendant que les branches dénudées s'assoupissent, Que...
Depuis que je vis, depuis que le soleil m'habite, Pris en moi tel un flambeau étincelant, Qu'ai-je à dire de l'astre, brillance satellite, De mon cœur vaste comme le Graal rayonnant ? S'il n'est le pain au champ, le vin d'ambre, Trouvant sa pierre de fondation en mon âme, Qu'aurais-je vécu si je tais décembre Comme fruit du printemps, tel mon sésame ? Si du printemps, je tais la floraison en été, Et vis étourdie l'année répandue en moi, Que suis-je de vérité si je ne dis la rosée Pour la ronde des roses gravée sur le bois ? Si j'aime sans mesure, si amour est mon feu, Après m'être lavée les pieds...
C’est l’hiver, presque, louant son mois, fort de frimas jouant du pipeau, et de gelées dorées, de brouillards blancs, aussi ; il fait froid. J’ai froid. Enfin, pas vraiment ! Siégeant dans le ventre, le ventre du monde, l’hiver attend sagement qu’automne glisse vers sa lumière, l’aube en hiver. Enfin, vous le savez ! Car l’aube venant son chemin, si vous la voyez, c’est toujours en cette saison, jamais dans le sein des autres, n’appelant que son aurore cette source comme une rose de nuit. Enfin, si vous la voyez ! Bleutée comme une rosace, rose comme une fleur pourpre, parce que l’aube est bleue...
Le temps est tombé sur le souffle d'une feuille, Qu'automne recouvre de couleurs veloutées ; Et lorsque l'éclair frappe l'arbre et l'écureuil, C'est le cri du deuil que pousse l'infortuné. L'épousée giboulée se tient au logis feutré, Et la lumière gémit de l'insulte subie, Car il n'y a de plaie que face à l'inimitié Jetant sa froideur aux traits de celui qui bénit. Feuille tournoyait dans le vent, scrutant sa couleur, L'âme triste, endeuillée une seconde fois, Que nul n'a voulu avouer, pourtant de valeur ; Qu'onde au-dessus des nuages donnait d'autrefois. Le soleil s'est couché, serrant l'ouest...
L'été déjà se meurt, et avec ses émouvantes senteurs, Fredonne l'empire des aurores parfumées. Arrive à grands pas l'automne que j'aime de couleurs, Et avec lui le fracas des branches dans les prés. J'entends déjà le frémissement des feuilles, Coulant au blizzard leur frêle branchage, Et au limon des terres fécondes, secoue l'orgueil, Que rides vêtues d'années, de froid voyagent. Ai-je écris l'amour de l'été en ses lauriers Que saisons plaident la perfection de sa parure. Mon âme se languit des jours de rire déployés, Et aspire avec joie au fracas des jours de verdure. Car il n'est pas que l'été...