Dans l'ombre du vieux chêne, Qu'amitié cueille d'élans clairs, J'ai vu un grand loup solitaire, Qui en son vert palais, peine. Proche du grand arbre sombre, Qu'effarouchée brebis accueille, Et en sa blanche toison recueille, J'ai détrôné le grand saule d'ombre. C'est d'élans clairs que j'envie La lumière clamant sa gloire, Quand d'ombres je regrette Le temps qui a enseveli la vie. D'amertume triste, le chêne me dit, Qu'en son être, abri je trouverai, Et que par les fossoyeurs affligés, Je boirai le vin du pauvre jusqu'à la lie. Jours pour tant de rimes cueillies, Tant d'heures de nuit sans sommeil,...
C’était un dimanche, par une chaude journée de printemps, que nous pouvions voir se promener un homme, les mains croisées dans le dos. Il semblait attendre quelqu’un, sans attendre vraiment, car il regardait le cours de la rivière au niveau de l’écluse ouverte qui laisserait une péniche passer. Le ciel était haut tout en étant en lui, comme indivisible de sa clarté en son regard qui le reflétait aussi large que profond. Sous la lumière puissante de midi, il paraissait invisible par moment, comme disparaissant à cause de trop de clarté diffusée à cette heure. Parfois, on le voyait se retourner et...
Un jour, un enfant ! Un jour, un enfant blond ! Un jour, un enfant a grandi ! Un jour, devenu grand, L'enfant a pleuré le temps, Le temps, le vent et ses parents. Un jour, l'enfant a eu froid, Si froid, qu'il s'est brûlé d'amour, D'amour, un matin d'hiver sans fin. Il est parti sans rien, Pas même l'amour dans les yeux, Le regard désespéré d'être aveugle. Il a vu l'hiver, et le vent Qui tournoyait dans ses mains, Essayant d'attraper un brin d'air. Un jour, cet enfant blond Devenu brun comme la terre Vit de la boue tant il avait plu. Il pâte-modela* un rêve Qui avait la forme d'un soleil. Et se...
Avocate - RIP - ( poème écrit à l'attention d'une amie qui était également poète.)
Elle était avocate, accrochée à la barre, Soutenant la tête d'un misérable gars. Halluciné il ne comprenait pas sa peine. Elle a allumé des espoirs contre la haine. Elle a affligé, au palais, bien des regards Quand juges écoutaient plaider pour le vieillard, Leur lourd fauteuil fatigué de juger le monde. Elle avait la hauteur d'une étole d'hermine, Rien qu'un combat interrompu à leurs babines. Elle n'était que le verbe du pauvre hère, Quand épuisé, il en appelait à la trêve. Lui n'avait rien d'un astre étincelant levé, Juste des larmes versées sur le beau parquet Des couloirs mélancoliques du grand...
Revoilà le soir ; revoici le crépuscule ; J'entends leur flûte jouer le pli de leur drap Couvrant l'univers et son sommeil d'opéra ; Et ma terre dépose à la nuit sa virgule. C'est le lever des espoirs, vifs et endormis, Que la nuit accueille, qu'étoiles embellissent, Au cœur de minuit, quand Père dit l'édifice, Et que retentissent les hymnes à la nuit. Revoilà l'obscurité répandant ses cendres, Pour que le jour enfin s'éclair', pour que tu vois, Réanimée dans les yeux azur de Sa voix ; Et mon tombeau lève la lettre de mon tendre. Revoilà le jour, le dôme de la rosée, Qu'en mon berceau, je torsade...
Parlez-moi de l'azur Aquarelle avec mon reflet Si vous me contiez le ciel bleu, en ce jour éblouissant, Soyez assurés du plus bel écrin, que peut l'écrivain. Lorsque vous mariez la rime au vers, que le provin Aime des floraisons fastes, c'est pour moi ondoyant. Quand les nymphes rêvent, endormies dans le jardin, Quand vous cueillez roses, ancolies et divin jasmin, C'est de transport au cœur chantant que je les aime Au cœur des chorales rêvant leurs poèmes. Si vous me contiez le vert azur, avec la colombe, C'est sur ses ailes que je conterai son firmament. Quand de sa blancheur, il me parle des...
Aquarelle faite sur du papier à lettre J'ai marché tant de fois le regard levé, Déchirant la tristesse d'un monde peiné Quand le temps balaye de ses bras lourds Les pensées des hommes gourds. Aux supplications, aux pas marchés le jour, Aux rêves que plus personne n'étreint d'amour, J'ai perçu les cuivres tempêter la tragédie Quand aux chimères, les hommes se parodient. J'ai arpenté tant de rivages, tant de chemins Qu'aux pas marchés, j'ai vécu le chagrin Des poètes bannis, nos bras en croix de bois, Que le feu brûle, que Phoenix aime et voit. Aux débauches dans le bruit des vilenies, Aux cris du...
Extrait : "Entendez ! " Paroles entre l'Ange et le Génie lors de l'hiver 1984
Tableau à l'huile me représentant en 1984 en train de lire au bord de l'étang des Lésines à Hauteville-Lompnes au moment où l'idée d'écrire "Le Génie" germa en moi. Je n'ai pas réussi à faire une photo moins floue de ce tableau, car l'environnement se reflétait dans le verre de l'encadrement. Tableau appartenant à ma fille Julie Koutzine-Joly née en 1984 avec laquelle j'ai écrit cette pièce, je veux dire en sa présence quotidienne en mon bureau." « Écoute bruire le souffle de mes vents ! Au gré de tes pas, raconte le temps Qu'il a fallu au temps pour s'apprivoiser en homme. Raconte le temps qu'il...
Lasse de l'obstacle où se maltraitent les mots, Dans l'éclair que vérité prend de pureté, Les roses pleurent, griffées par un barbelé. La ruse écrit la faute, la foudre dit les maux. Si ruse creuse la fosse de l'impureté, Au coin de la rue, au délié des chemins, Que deviennent les fleurs fanées près du ravin Si des mains d'homme ne les retenaient l'été ? Si j'étais la mort en chemin, là, de vous, proche, Venant cueillir vos imperfections amères, à ma volonté que diriez-vous des chimères Qui ont ceint vos jours pour votre nuit qui approche ? Puis-je vouloir que l'ombre cesse de tournoyer Quand vient...
Quand le désert résonne de mes pas, Et qu'en ma mémoire, il revient solennel, Doux comme la soie portée d'’Orient, Avec les rois, je marche, accompli. L’étoile aux mille rayons de joie Nous transportait et naît le Verbe, Qu’au désert blond, chaud comme l’âtre, Volaient nos turbans enroulés sur nos têtes. Le silence, la terre, ses pluies de sable, Nos trésors sans pareils pour un Roi, Divine est la mère qui nous portait, Les pas légers et d’amour orné. Ô oasis !