Le maître ou le désespoir de Lukas ( écrit par Lukas lui-même)
Le maître est malade. L’écolier est content et danse dans la cour quand le maître dort dans son lit. Le vent parle aux oiseaux. L’écolier entend leur chant pendant que les feuilles des cahiers meurent au pied de son lit. Batifolent les fourmis endormies dans leur nid. L’écolier écoute les colibris chanter sous une goutte ravie. Quand le maître est malade, tous les élèves s’éveillent. Une nouvelle maîtresse est là habillée d'un beau sourire. Les écoliers sont éblouis. Heureusement il y a les oiseaux qui chantent dans la cour quand le maître dort chez lui. Lukas Dubois-Joly - Huit ans - L'enfant...
.......... Sur le chemin rougeoyant, j’ai marché un matin. Les veillées étaient feutrées comme la mort. Elle, pleurant en son voile, embaumait le chemin, Le jour était prudent tel un enfant qui dort. Il était là, encore suspendu aux bois d’olivier. Nous entendions le sol gémir du calvaire. Chaque pas résonnait d’un écho sur le gravier. Nous marchions, les yeux baignés d’hiver. Le froid ternissait nos joues embrumées. Jour et nuit, lune et soleil, se confondaient. Nous allions en ce drame de chagrin, troublés. La nuit était lente et nos cœurs tremblaient. Il semblait que le temps avait cessé de...
Photo personnelle Bientôt, nous verrons l'horizon se lever, au loin, Lors de l'arrivée de la clarté printanière. Nous verrons l'amour paraître pour nos besoins, Et nos bras épouseront l' Æ ther , notre aiguière. Je vois déjà l'aurore s'élevant tel un feu, Réclamant notre ascension, notre conscience ; Et depuis la ligne sans fin, se lèvent les yeux, Priant l'infini serment d'aimer d'alliance. Chaque matin, mon cœur s'allège de sa nuit, Et les heures rendent, au bonheur d'être née, Le fruit du miel, en germination à son nid, Qu'alvéoles aiment emplir de sève dorée. Après l'éveil, sur la ligne de...
Règne animal, végétal, minéral et règne humain Il n'y a que le règne animal quand l'un de ses membres attaque un autre de ses membres qui ne déclenche pas une guerre contre une autre race animale : un chat contre un chien, un tigre contre une antilope. Est-ce que de surcroît une âme animale, celle des oiseaux ou toutes autres par exemple, attaquent l'homme quand l'homme a tué un de ses membres ? Non. Nous pouvons aussi penser ce fait pour les autres règnes de la terre : végétal et minéral. Est-ce qu'une rose attaque une anémone voisine de ses racines parce qu'elle habite et peuple le même sol ?...
Michaël luttant contre le dragon - peinture Waldorf - Protégée d’une cuirasse bleue sollicitée, étincelante dans la lumière du jour, je vais l’âme confiante en l’âme du monde m’ayant montré son chemin en sa voie ardue. Le front coiffé d’un casque or supplié, moulé-au cœur ensoleillé de l’âme vive, je marche, décidée, dans la voix des Cieux que la Trinité en mon être montre de joie. Portant sur mon sein fleuri l’épée des Dieux ; forgée dans l’Être des cœur de l’Adam et d’Apollon, je vais d’un pas de Centaure sur quatre temps, insaisissable d’amour dans le trot de leurs noms. Tout ruisselle de feu...
À l'orée de la nuit quand se lève la lune, affranchissant nos âmes lourdes de noirceur, nous voyons deux êtres en soi, faits de laideur, lutter pour enfreindre la volonté divine. Alors que chacun, convaincu d’être loyal, vêtu de religion, sans prier chaque heure, nous voyons des âmes entravées de leurs leurres, côtoyant le glas qu'ils chatouillent en son mal. L’orgueil se vêt d’erreurs et de fétidité, arguant qu’il est fermeté, force et vérité, pointant les autres dans sa médiocrité, gonflant sa vilenie en sa témérité. Affirmant que l'autre est mauvais, triste despote, perdant sa voie, elle s'enfle...
Le secours prodigue Si je vous dis cela, croyez-moi, c’est que j’étais là, croyez-moi, aimant notre cèdre fortifié, de nuit, à l’aube du crucifié. Si je vous conte notre esprit guéri ce midi à ses pieds endoloris, heures riches de Son Nom, c’est pour sa coupe au pied du mont. Au pied des trois, je vis l’Homme, transi, tel nous le sommes les jours terribles d’éclipse, les nuits froides sans lune triste. Toutes les sphères chantaient, l’univers partout de joie dansait, les hommes pieux pleuraient, d’autres, impurs, pestaient. Si je vous dis cela, croyez-moi, c’est que j’étais là, croyez-moi, recevant...
Roses, bleues, grenats dorés, solaires, élues, tendres bourgeons infiniment lents et féconds, vont dans mon jardin, de ciel grisé, revêtues, nues dans leurs frêles tenues, depuis des éons. En avril, loge un rêve glorieux dehors, que notre espérance d’éclore ensoleillée, dévoile aux roses de jours, nos épines d’or, qu’ensemble, nous allons avec art vers l’été. Pourpres, orangées, ambrées, attendent les fleurs, espérant fleurir à foison sur les charmilles, ornant de leurs fines lianes, la douceur : murs et écrins, chaumières, nids et haies dociles. Giroflées, opales, rubis, bleu-saphirs-nuits, secrets...
Dans le jardin sont venus tournoyer mille follets, éblouissant leurs étoiles montantes, mes aïeules ; puis sont venues sur mille rayons, cent reines de lait nées de fleurs solaires assises dans l’air du miel. C’était beau, majestueux et solennel vignoble. Tant d’émerveillement olympien à mon regard vert, qu’éblouie d’Amour en leur sein noble, je me mis à valser avec les forces de Déméter. Légère, tel un papillon transfiguré en plein vol, je volais vers l’azur bleu que mes yeux voyaient rose, pourpre, mauve, garance et flammes vertes en obole. Tout vibrait en une vaste messe stellaire éclose. C’était...
L'humilité est une vaste mer cachée derrière d’insondables forêts, ensevelissant jusqu'au jour nouveau nos âmes encore corrompues. Lorsque nous percevons son horizon tel un océan étale achevant son trait, le lointain nous dessine et nous montre les turbulences des eaux qui ne sont plus. Les humeurs achevées, la mort disparue, elle nous montre qu'elle est soleil, rayonnement de l'éther à la vie de l'Esprit après avoir erré entre les dieux qu’elle a montrés. Elle est l'étendue laborieuse du chant que la vie ne sculpte plus, car achevée ; elle est cet accomplissement de l'âme ayant cessé de croire...