Un jour, un enfant ! Un jour, un enfant blond ! Un jour, un enfant a grandi ! Un jour, devenu grand, L'enfant a pleuré le temps, Le temps, le vent et ses parents. Un jour, l'enfant a eu froid, Si froid, qu'il s'est brûlé d'amour, D'amour, un matin d'hiver sans fin. Il est parti sans rien, Pas même l'amour dans les yeux, Le regard désespéré d'être aveugle. Il a vu l'hiver, et le vent Qui tournoyait dans ses mains, Essayant d'attraper un brin d'air. Un jour, cet enfant blond Devenu brun comme la terre Vit de la boue tant il avait plu. Il pâte-modela* un rêve Qui avait la forme d'un soleil. Et se...
Photo personnelle À genoux, le teint incolore sur des yeux limpides comme la clarté d'un nuage se chargeant de pluie, les yeux fatigués, elle marchait bordée d'innocence enfantine. Pleuvait-il sur le trottoir alourdi d'un bitume gris qu'elle semblait encore ignorer si un nuage était blanc, gris, peut-être bleu, parfois rose, semblables aux tissus enfantins qu'elle chiffonnait chaque jour entre ses doigts, ses jours travaillés. Elle était à l'aube d'une vie qui peinait à se dessiner, car elle était à peine sortie de l'enfance, avec dans le regard et son rire toute la lumière du désir d'être soi,...
Ô douleur ! Fidèle épouse ! Eternel disciple ! Me laisseras-tu en paix, une heure, un seul jour ? Quand as-tu croqué l'ombre de ce long périple, Que vents et marées méprisent des vrais secours ? Ô douleur ! Fière marraine ! Qui partage mon lit, proscrit le mouvement ! Que veux-tu, que jamais tu ne lâches ma traîne, Qu'à nos épousailles tu offris de serment ? Si tu pouvais, un instant ! Laisser ton aiguille ! Oh ! Repos ! Ô ! immortelle fraternité ! Aimable clémence ! Douce ! Triste estampille ! Compassion amère ! Mon âme déliée. Quand se meurt la mesure, et que crie la sentence, Quand geste se...
C'est un orage. Il étend son bruit Comme un linceul. C'est une douleur ! Si vive qu'elle crie Au cœur de la vie. C'est une averse Qui rien ne lave. Rosier pleure. Raide, figée, C'est un arbre À l'agonie. C'est une tempête. Elle passe. Non ! elle est là. Le soleil s'éteint. C'est soir. Le vent hurle. Douleur s'allume. L'âme brûle, Le corps aussi. C'est un champ désert. Douleur veut partir. Elle s'incruste. Une déferlante arrive. Douleur m'aime. Que faire ? C'est le vide, Un moment. Elle remplit le puits. C'est un sacrifice. Ô douleur ! Ô mon épaule ! Où est la rose ? L'onguent ! Vous le connaissez...
Dors mon tout petit à moi, Dors tout contre moi, Maman veille. Ne pleure pas mon tout petit, Ne pleure pas ce soir, Maman veille. Regarde petit, regarde, Regarde la rose Sur mon petit cœur. Mon petit, mon tout petit, À moi tendre, Vois ton jour se lever. Petit, mon petit à moi, Vas au loin, tiens ma main Sur ton cœur en fleur. Oh ! Je n'avais pas vu Comme tu es grand devenu, Mon petit dans tes années ! Pars, pars mon grand, Mon tout petit à moi Puisque les étoiles t'attendent. Si à la vie tu t'accrochais? Mon petit, mon tout petit, Tu serais à ton tout petit sa lueur. Ne dors plus mon tout petit,...
Où allez-vous chargés comme des ânes portants des seaux de lie pour des sots sans âme quand les pauvres, dont je suis le verbe et le lys, portent avec eux l’insolence des riches ? Que portez-vous comme ignominies lorsque vous saignez des enfants l’harmonie, et que je suis pour ces innocents les joyaux de la brebis habitant le cœur de l’Agneau ? Qui achetez-vous, les poches pleines, quand le purgatoire jamais ne vous enseigne, ne vous châtiant pas assez fort de verges obstinées, que de vies en vies, corrompus, vous récidiviez ? Faut-il que Mammon vous soit aguichant, vous, méjugeant l’idéal-prévu*...
Un jour, un enfant. Poème court suivi de considérations pensées sur la bientraitance.
Un jour, un enfant ! Un jour, un enfant blond ! Un jour, un enfant a grandi ! Un jour, devenu grand, L'enfant a pleuré le temps, Le temps, le vent et ses parents. Un jour, l'enfant a eu froid, Si froid, qu'il s'est brûlé d'amour, D'amour, un matin d'hiver sans fin. Il est parti sans rien, Pas même l'amour dans les yeux, Le regard désespéré d'être aveugle. Il a vu l'hiver, et le vent Qui tournoyait dans ses mains, Essayant d'attraper un brin d'air. Un jour, cet enfant blond Devenu brun comme la terre Vit de la boue tant il avait plu. Il pâte-modela* un rêve Qui avait la forme d'un soleil. Et se...
Je suis allée me promener. J’ai rencontré une petite fille. Elle n’avait de cesse de se balancer, dans les arbres, dans son lit, une poupée dans les bras. Je lui ai dit : « Bonjour ! Comment vas-tu ? Il y a si longtemps que je ne t’ai vue ! Tu n’as pas vieilli. Quel âge as-tu ? Elle m’a regardée, étrangement. Puis, elle a répondu : « Je ne sais pas. Je n’ai pas d’âge. Et toi ? Quel âge as-tu ? » Je l’ai regardée, tout aussi étrangement. Elle avait des petits yeux, soucieux et songeurs, des cheveux sans forme comme un lutin qui se lève après avoir dormi des siècles. Je n’ai pas osé lui dire mon...
Un colibri volait bas, caressant l'âme de la terre, Il était blanc comme l'éclat d'un soleil cuivré, Bleu comme l'azur dans son horizon mordoré. Un aigle volait haut au-dessus des nuages ; Il était sombre comme un sentiment triste, À l'habit obscur dans le pli de l'astre brûlant. Un moineau battait des ailes, un autre pleurait, L'un accablé appela l'aigle, et aigle planait Au-dessus de la vallée sans ombrage. Manquant de chaleur, un merle cessa de chanter, Aigle cherchait sa proie, et colibri chantait, Quand vint un rampant cherchant aussi une proie. L'aigle vit le joyeux colibri et le rampant,...
tableau œuvre personnelle non libre de droits Photo du tableau faite devant une lumière pour en voir la transparence; Tableau offert à la maman. Lukas joue dans les cailloux, cherchant la perle or que papa voile, que maman espère à l'aube, quand s'éveillant, l'enfant guilleret joue dehors, le sourire grave, son rire sur les lèvres. Beau comme un soleil éblouissant, Lukas aime Maman belle, et papa doux qui offre ses bras aux petits matins bleus, et aux grands soirs qui sèment l'avenir pour tisser le fil d'argent qui va. La bouche, tel un cœur vif, embrasse l'orée des jardins embaumant le jasmin...